Nous aurions préféré avoir tort.
Nous aurions aimé que ceux qui, il y a quinze ans, traitaient les écologistes de « fanatiques de l’apocalypse » soient dans le vrai.
Nous aurions aimé nous dire que nous avions dramatisé,
que les climatologues s’étaient trompés,
que les scénarios annonçant le pire étaient finalement restés lettre morte.
Nous aurions préféré ne pas avoir à enquêter sur le lobbying des énergies fossiles,
ne pas avoir à suivre les mouvements climat,
ne pas avoir à relayer les rapports alarmistes,
ne pas avoir à dénoncer sans relâche l’irresponsabilité des politiques.
Sauf que voilà.
Cette canicule, celle de tous les records, nous donne raison.
Nous étouffons. Les villes sont devenues des étuves. Les animaux souffrent, la végétation dépérit et, dans l’urgence, les humains tentent tant bien que mal de s’adapter.
Comme annoncé depuis des décennies, le chaos climatique sévit et creuse les inégalités. Et pour toute réponse, les politiques incitent à s’hydrater (c’est indispensable, faites-le, mais c’est largement insuffisant).
En 2013, quand Reporterre a été lancé, nous savions et écrivions déjà que le péril écologique serait l’enjeu majeur de notre époque. Qu’il en allait de notre survie.
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La canicule que nous traversons, la deuxième en un mois, ne fait que renforcer notre engagement à documenter sans relâche les ravages en cours et mettre la lumière sur les responsables.
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Amélie Mougey
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