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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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Michel Simonis

Climat : le chauffage au bois est-il écologique ?

Les besoins croissants en combustibles et en matériaux entraînent des coupes trop rapides dans les forêts, alertent les scientifiques. Le reboisement ne peut pas suivre.

Article mis en ligne le 16 décembre 2021
dernière modification le 22 décembre 2021

Les propriétaires de poêle à granulés peuvent souffler : grâce un effort des producteurs, les petits cylindres qui leur servent de combustibles ne devraient pas être en rupture de stock cet hiver. Mais, de leur côté, les scientifiques s’alarment. Car le développement effréné de la filière bois n’est pas vraiment bon pour le climat.

Des particuliers aux entreprises, l’engouement pour le chauffage au bois, moins cher que le fioul ou l’électricité, semble général en France, mais son impact sur l’environnement et la santé n’est pas toujours négligeable.

Extraits d’un article de Sébastien Julian, (Publié dans l’Express le 05/12/2021)

https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/climat-le-chauffage-au-bois-est-il-ecologique_2163545.html

Les poêles eux-mêmes ne sont pas en cause. Ils permettent aux Français de faire des économies. Par ailleurs, ils rejettent moins de CO2 et de particules fines que les feux de cheminée. Mais, depuis quelques années, nos besoins en bûches, planches, troncs ou granulés progressent rapidement. Le bois sert ainsi à construire des bâtiments, à fabriquer des palettes pour le transport... Il alimente aussi des centrales à biomasse servant à produire de l’électricité. "Toutes ces filières sont en compétition pour la même ressource. Nous sommes dans une situation délicate. Dans le futur, notre bilan carbone pourrait vite se détériorer si on ne fait pas les bons choix", craint Thomas Lauvaux, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE-IPSL). [1]

Depuis 2019, l’EASAC (European Academies’ Science Advisory Council), un groupement formé par les académies nationales des sciences des Etats membres de l’Union européenne, tire la sonnette d’alarme. "L’industrie du bois reçoit de multiples subventions car ce matériau est considéré comme une ressource renouvelable. Résultat, le marché des granulés déplace chaque année des millions de tonnes de combustible sur plusieurs milliers de kilomètres. Dans les forêts, la progression des coupes est trop rapide par rapport au reboisement. De fait, nous aggravons à court terme notre bilan carbone à un moment crucial", dénonce Michael Norton, directeur du programme environnemental de l’organisation.

Une ressource qui n’est pas neutre en émission de CO2

Début 2021, une centaine de scientifiques ont signé une pétition adressée au président américain Joe Biden ainsi qu’à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Dans ce document, les chercheurs réclament l’arrêt des subventions ainsi qu’une requalification de la ressource bois, qui ne doit plus, selon eux, être systématiquement considérée comme neutre du point de vue des émissions de CO2.

Début 2021, une centaine de scientifiques ont signé une pétition adressée au président américain Joe Biden ainsi qu’à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Dans ce document, les chercheurs réclament l’arrêt des subventions ainsi qu’une requalification de la ressource bois, qui ne doit plus, selon eux, être systématiquement considérée comme neutre du point de vue des émissions de CO2.

"Il faut tenir compte du temps de repousse des arbres et laisser le temps à la filière bois d’avoir un équilibre, commente Thomas Lauvaux. Si le bois est brûlé uniquement dans des cheminées, le CO2 retourne trop rapidement dans l’atmosphère, alors que dans la construction ce retour est beaucoup plus lent.

Pour l’heure, les forêts non exploitées continuent de stocker du carbone. "Comme on accumule du CO2 dans l’atmosphère, les arbres ont plus de facilité qu’auparavant à l’absorber. C’est l’effet fertilisation", note le scientifique. Mais si jamais notre consommation de bois poursuit son rythme effréné, le bilan ne sera plus le même. Surtout si les approvisionnements se font dans les pays voisins (Pologne, Scandinavie).

La solution viendra-t-elle des arbres à pousse rapide, comme les peupliers ? Pas sûr. D’un côté, ces espèces peuvent nous aider à limiter notre impact sur le climat, mais de l’autre ces monocultures ne sont pas du tout favorables à la biodiversité. Chauffer ou protéger ? A l’avenir, il faudra peut-être choisir.


Extraits de "La bonne santé en trompe-l’oeil de la forêt française"

 En un siècle, la surface forestière française a gagné plus de 6 millions d’hectares. Une bonne nouvelle qui cache pourtant un mal-être de cet écosystème menacé par la surexploitation et le changement climatique.
Par Yohan Blavignat (Publié le 12/09/2021)

 Si on explore la forêt française dans le détail, on s’aperçoit qu’elle progresse certes en volume (+0,6 % par an en moyenne), mais qu’elle souffre de nombreux maux. "Nos massifs sont pris en étau par une double menace : une surexploitation par l’homme d’un côté, et une fragilisation par le réchauffement climatique de l’autre", assure Jean-François Dhote, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae). "On leur demande d’être tout à la fois un puits à carbone, un lieu de loisir, un espace de chasse, un repaire de biodiversité et un territoire producteur de bois...", alerte Daniel Vallauri, chef du programme forêt au WWF France. Des sécheresses plus longues et plus fréquentes, ainsi que la multiplication des insectes pathogènes et champignons, due au réchauffement climatique, ont fragilisé les massifs français.

 Pour lire l’article entier : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/plus-grande-mais-plus-fragile-la-bonne-sante-en-trompe-l-oeil-de-la-foret-francaise_2157864.html

 Voir aussi l’article "Quand la forêt s’installe en ville."